Mercredi , 17 septembre 2014
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FICHE – AMAP

Les amapiens ne sont pas des cousins des Martiens. Ce sont des femmes et des hommes membres d’une association qui oeuvre pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). De quoi s’agit-il exactement ? Les Amap “sont destinées à favoriser l’agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie. Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance”, explique le site national du mouvement. Bien s’alimenter est aussi écologique et économique !

De la fourche à la fourchette

Les Amap sont une manière moderne de produire et de vendre, puisque le consommateur définit directement et contractuellement avec un agriculteur les conditions de production, de livraison et de vente de ses fruits et légumes. La certification bio n’est pas obligatoire, mais les consommateurs qui participent à l’élaboration du cahier des charges des Amap privilégient généralement une nourriture saine, bio et qui produit peu de gaz à effet de serre. En échange de son engagement à payer la production de l’agriculteur sur l’année, l’amapien récupère chaque semaine un panier de fruits et légumes produits localement. Le prix d’un panier Amap de 4 à 5 kg oscille en moyenne entre 12 € et 18 €. Il coûte 15 % moins cher que son équivalent acheté dans le commerce.  Un panier hebdomadaire suffit pour 2 personnes.
Les Amap répondent aux 3 critères du développement durable : elles sont écologiquement saines en encourageant la production de fruits et légumes respectueux de l’environnement. Il y a moins de gaspillage car la totalité de la production sortie de terre est mise à disposition du client. Dans le circuit industriel, de nombreux fruits et légumes sont jetés parce qu’ils ne respectent pas les calibrages et les critères esthétiques demandés (cf. fiche écofrugale – Gaspillage alimentaire). Les Amap sont socialement équitables en rétribuant le paysan à hauteur de son travail et en restant abordables pour le consommateur. Trouver un prix raisonnable est possible grâce à l’absence d’intermédiaires, des coûts de transport limités, l’absence de gaspillage et d’emballage. Les Amap sont économiquement viables, préservées de la volatilité des prix agricoles, elles favorisent la création et la relocalisation d’emplois ruraux.

Des bienfaits pour votre santé

Les fruits et légumes sont cueillis généralement le jour même, ils ont toutes leurs vitamines. Et quand c’est du bio, c’est encore mieux car ainsi on les consomme sans les peler et c’est à l’extérieur du fruit ou du légume qu’il y a le plus de vitamines. Le programme de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) recommande de manger 5 fruits et légumes par jour. Vous réduirez ainsi les risques de cancer. Comme la composition de votre panier varie en fonction des saisons (cerises en juin, tomates en août, kiwi, raisin et courges à l’automne, céleri et poireaux en hiver), votre régime alimentaire est très varié (cf. fiches écofrugales :  Régime minceur – à venir Ici et maintenant). L’assortiment – surprise – vous encourage à faire preuve de créativité et à découvrir des légumes oubliés comme les rutabagas, les salsifis, les topinambours, la courge spaghetti ou la courge patidou… Le circuit court apporte aussi un gage sanitaire puisqu’il assure une meilleure traçabilité de l’alimentation.

REPÈRES ET CHIFFRES
• 2001, le début des premières Amap en France.
• 1 200, c’est le nombre d’Amap. Il a doublé en 1 an.
• 60 000, c’est le nombre d’adhérents aux AMAP.
• 200 000, c’est le nombre de bénéficiaires (les membres de la
famille, les colocataires, les voisins).
• 32 millions d’euros par an, c’est le chiffre d’affaires de la production des AMAP.


Cultivez votre contact avec la nature !

Les agriculteurs des Amap encouragent leurs adhérents à se rendre sur le lieu de production. Vous aurez peut être envie vous aussi de vous lancer dans l’agriculture bio (cf.fiche écofrugale à venir – Jardin) en transformant une partie de votre jardin en potager.


Comment rejoindre une Amap?

Le maillage des Amap se densifie. Vous en trouvez dans une quinzaine d’universités (à Rouen, les étudiants récupèrent un panier de fruits et légumes tous les quinze jours) et aussi en entreprises. Dans les Bouches-du-Rhône, en Bretagne, ou ailleurs, les initiatives en région en partenariat avec des chambres d’agriculture et la SNCF se multiplient pour que les voyageurs puissent collecter des paniers fraîcheur en gare. Consultez les sites régionaux TER de la SNCF pour savoir si de telles initiatives existent près de chez vous. Les Amap poussent comme des champignons mais leur essor ne suffit pas à résorber les délais d’attentes des consommateurs face à l’engouement dont elles font l’objet. Si vous souhaitez donc rejoindre une Amap il vous faudra prendre votre mal en patience. A moins que vous n’ayez l’âme militante, du temps et que vous montiez une association
1901. Rendez vous sur le site national des Amap ! Il ne vous restera plus qu’à trouver un agriculteur près de chez vous qui veuille bien vous rejoindre. Toutefois, la filière bio en France ne représentant que 3,09 % (fin 2010) des terres agricoles, elle a parfois du mal à suivre. Les Amap ne vendent pas que des fruits et légumes. Certaines proposent des produits de la ferme (oeufs, lait, fromage, charcuterie viande), d’autres des produits issus de la pêche (fruits de mer, poisson).

Adhérer à une Amap, c’est aussi être prêt à s’engager de 6 mois à un an, à aller donner un coup de main de temps en temps, manger des pommes et des poires tout l’hiver. Avant d’adhérer, posez des questions afin de bien vous renseigner sur l’origine des produits et les conditions de production. Rendez vous sur l’exploitation pour vous faire votre propre avis car le boom de l’agriculture biologique peut susciter des vocations soudaines sans que le cahier des charges ne soit vraiment respecté.

LE SAVIEZ-VOUS ?
La finance au service du bio Des associations comme Terre de Liens oeuvrent pour le développement des terres agricoles bio. L’association s’est donnée pour mission de favoriser le développement de l’agriculture bio en favorisant l’installation de paysans convertis au bio sur de nouvelles terres dont elle a financé l’acquisition. Fin 2011, la foncière avait collecté à cette fin plus de 23 millions d’euros auprès de plus de 8 000 actionnaires qui bénéficient de réductions d’impôts. Ce sont autant d’hectares soustraits à l’urbanisation et à la spéculation immobilière. Le
grignotage des surfaces agricoles représenterait en surface plus d’un département perdu tous les 6 ans, selon Jérôme Deconinck le coordinateur de Terres de Liens. L’association joue également un rôle social puisqu’elle a permis à plus de 50 familles de s’installer à leur compte. Son fonctionnement innovant et original, montre la capacité du milieu associatif à promouvoir  l’agriculture bio en levant des fonds.

Où trouver d’autres paniers de fruits et légumes?
Face au succès des Amap, de nombreuses structures alternatives se sont montées, certaines ne reprenant que le concept de livraison régulière de paniers de fruits et légumes. Les paniers primeurs de 5,5 kg avec des fruits peuvent alors monter jusqu’à 25 €. Mais certaines structures gardent l’esprit des Amap, c’est le cas des Jardins de Cocagne, une association qui livre des paniers issus du maraîchage biologique et emploie des personnes en difficulté. L’association des Paniers du Val de Loire regroupe plus de 30 agriculteurs bio qui distribuent, sur le mode des Amap, des paniers hebdomadaires dans le Val de Loire et en Ile-de-France. Ils emploient également des personnes en réinsertion. L’association vous autorise à reporter un panier la semaine suivante (ou sur une autre semaine) si vous êtes absents, ou partis en vacances. D’autres structures commerciales vous livrent des paniers bio dont les fruits et légumes proviennent parfois de l’étranger. Ce sont alors des intermédiaires, négociants similaires à ceux qu’on trouve dans l’agriculture conventionnelle. Ils sont utiles s’ils vous permettent de changer vos habitudes alimentaires en vous facilitant l’accès aux produits bios. Il existe aussi de nombreux sites certifiés par Ecocert.

Depuis peu, des réseaux nationaux de distribution bio comme Naturalia proposent un assortiment fruits et légumes bios, frais et de saison à collecter quotidiennement en magasin. On trouve le panier de 5 kg à 16 €. Le panier est fourni avec des fiches de recette élaborées par une nutritionniste et un tableau récapitulatif des valeurs nutritionnelles. Il existe aussi désormais des réseaux de Ruches qui sont des points de rencontre, chez un particulier, pour que les producteurs et consommateurs commercent directement.

Zoom L’agriculture biologique en France
Fin 2010, la France comptait 20 604 exploitations agricoles engagées en agriculture biologique, pour une surface totale de 845 440 ha. Les hectares bio couvrent 3,09 % de la surface agricole de France, selon l’Agence Bio, à l’origine de la certification AB (Agriculture Biologique). Le retard à combler par rapport à l’agriculture intensive industrielle est considérable. Mi 2009, le ministère de l’agriculture et de la pêche dressait un bilan encourageant en faisant état de cinq fois plus de terres en cours de conversion à l’agriculture biologique qu’en 2008 avec 63 000 hectares. Les objectifs sont ambitieux. Cependant, l’objectif initial du Grenelle de l’environnement d’avoir 6 % de la surface agricole en bio en 2012 ne sera pas atteint et il est probable dans ces conditions que l’objectif de 20 % en 2020 reste un voeux pieu.

Témoignage…
Sophie, 35 ans, consultante, en couple sans enfants, membre de l’AMAP de Boulogne Billancourt.
Des légumes sans pesticides et cueillis frais le jour même, garantissant le plein de vitamines (attention on n’épluche pas mais on brosse les légumes bio car tout est dans la peau), des produits au goût prononcé (oui, j’avais oublié qu’une tomate n’a pas qu’un goût d’eau), la relation de confiance instaurée avec un maraîcher passionné, les sorties sur l’exploitation que les enfants adorent… voilà en bref ce qu’est une AMAP. Mais attention, ce mode de consommation ne convient pas à tous. Il faut aimer cuisiner, c’est incontournable. Il faut également avoir un rythme de vie qui permette de gérer la consommation de produits frais. Et pour finir il faut accepter de recevoir des produits non calibrés, ou dont on n’est pas forcement friand (personnellement je ne suis pas une fan des betteraves), se rappeler qu’on est tributaire des saisons et que l’hiver n’est pas généreux ni en soleil ni en choix de légumes.

Étude de cas
Moins cher que les fruits et légumes de la grande distribution

Comparer le prix d’un panier Amap à celui d’un panier non bio de la grande distribution, c’est comme comparer des choux à des carottes ! Pourtant même dans ce cadre là, le panier bio venu d’une Amap n’est pas plus cher ! Et quelle différence de saveurs et de produits ! Si vous consommiez auparavant des légumes issus de l’agriculture conventionnelle, le panier vous reviendra sensiblement au même prix. En couple vous dépenserez en moyenne 650 € par an pour un panier de fruits et légumes (un peu moins même, car souvent il y a quelques semaines dans l’année, au mois d’août par exemple, où les paniers ne sont pas livrés). Pour un prix équivalent à celui que vous auriez payé en grande surface, vous mangez des légumes qui ont plus de goût, plus de saveur et vous soutenez une agriculture respectueuse de l’environnement.

Moins cher que les fruits et légumes bio vendu en magasins.

Une étude comparative du Parisien montrait que, dans certains cas, le panier Amap pouvait être jusqu’à 50 % fois moins cher que son équivalent bio vendu au détail dans la grande distribution. L’Amap Terre à Délices , sur la base de son relevé de prix, a conclu quant à elle que le panier était de 31 % à 40 % moins cher. Si vous vous approvisionniez auparavant en magasin bio, vous payerez 30 % à 50 % moins cher, ce qui représente une économie annuelle pouvant aller jusqu’à 500 € pour un couple, soit 250 € par personne. Vos économies dépendent de vos pratiques précédentes. Dans tous les cas, rejoindre une Amap ne vous coûtera pas plus cher.

Pour aller plus loin
A lire :
Manger Bio, c’est pas cher de France Guillain, Editions Jouvence.
Manger bio, c’est pas du luxe de Lylian Le Goff, Editions Terre Vivante.
Planète cuisine, cuisiner en respectant la nature – Guide de l’éco-gourmand par le WWF en partenariat avec Euro-Toques. Vous trouverez plus de 50 recettes, des produits et des bons gestes pour l’environnement.
A cliquer :
www.reseau-amap.org/amap.php Pour chercher un producteur avec qui vous pouvez monter une Amap.
www.amap-france.fr Le site des essaimeurs d’amap.
www.fr.ekopedia.org Sélectionner la fiche Comment Créer une Amap pour tout savoir sur les Amap.
www.marmiton.org Plus de 50 000 idées de recettes.
www.nouvellecuisinebio.com 2 fois par mois, le site vous propose une recette de saison, par exemple : un curry de lentilles au fenouil et potimarron.
www.reseau-fermier.com Un réseau social producteur-consommateur qui vous fait connaître les producteurs proches de chez vous.

www.fnab.org La fédération nationale d’agriculture biologique.

www.biocollectivites.com Bio Référencement Collectivités (BRC) un groupement d’achat citoyen.
www.mon-panier-bio.com/ un annuaire proposant de mettre en relation les distributeurs de fruits et légumes bio, les fermiers avec des particuliers.

www.tousprimeur.com – www.biolinet.fr – www.panierfermier.com – www.biocabas.com – www. paysans.fr – www.materre.fr – www.lespaniersduvaldeloire.fr Liste non exhaustive de sites sur lesquels vous trouverez des paniers de fruits et légumes. Certains sont certifiés bio. Ils sont livrés à domicile ou à collecter dans des boutiques relais.

8 commentaires

  1. avatar

    Bonsoir,
    chez nous, dans les Hautes-alpes, dans notre ville de 3500 habitants, une association a tenu un peu moins de 2 ans. Ce n’était pas une amap, il n’y avait pas de panier, mais une association de producteurs locaux. On appelait ça le marché du mardi. L’adhésion annuelle était de 2 euros.
    Au début, il y avait plein de producteurs (légumes bio, fruits et légumes raisonnés, pain bio, volailles bio, oeufs bio, fromages de chèvre bio, et d’autres. ça a peut etre eu du mal à démarrer. Il faut dire qu’on a un bon marché (du jeudi). Petit à petit, il y avait moins de producteurs, donc moins de clients, donc moins de producteurs… Au final, ils ont décidés, avec les 3 producteurs + 1 de légumes (celui pour qui tout le monde venait) qui de temps en temps ne venait pas, d’arrêter. C’était de 5h à 6h30 l’hiver, et de 6h à 7H30 l’été. Quelques semaines avant la fin, je suis arrivée à 5h30. Ils m’ont dit « ah, une cliente! » !!
    Quand j’en parlais autour de moi de ce marché c’était: ah c’est bien mais j’ai pas le temps. ou bien « y’a rien ». Et même, à la fin, « c’est dommage que ça ferme, mais je ne viendrai pas ».
    Bref les gens n’ont guère bougé le petit doigt quand il y a eu une opportunité.
    Dans notre marché (du jeudi) on a énormément de producteurs locaux, mais il y a quand même plus de fils d’attente chez les revendeurs que chez les producteurs!
    Alors ceux qui ont une opportunité près de chez eux: ALLEZ-Y! amap ou non, mais en tout cas producteurs locaux! En plus, il y a toujours des légumes en plus ou des réductions pour les habitués. Autre aspect positif: j’ai le calendrier des légumes de saison sur mon frigo: même pas besoin de le lire!

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    Merci Stéphanie pour votre témoignage. A quand remonte la fin de l’association?

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    Le dernier a eu lieu le dernier mardi de novembre. C’est tout frais! :(

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    A noter aussi que ce marché se voulait équitable. A savoir une juste rémunération pour les producteurs et un prix accessible pour les consommateurs. Vous aviez par exemple des pommes (ag raisonnée) à 0.70 le kg, des pomme de terre bio à 1.70 le kg…
    C’est vraiment dommage que ça se soit arrêté. Ils comptaient à terme ouvrir un magasin de produits locaux équitable.
    Je pense que malheureusement les producteurs bio de l’autre marché profitent un peu de leur label et gonflent un peu leur prix… Heureusement que les fidèles clients comme le dit Stéphanie ont des prix ou des légumes en plus !
    A Laragne il y a aussi une AMAP qui emploi des gens en réinsertion mais je n’ai pas encore franchi le pas de leur porte… J’y viendrai peut-être !

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    Vous avez peut être entendu parlé de http://www.laruchequiditoui.fr, voici un nouveau site qui met aussi directement en contact les producteurs de produits frais avec les consommateurs: http://letoutfermier.com/

  6. avatar

    Rien ne m’horripile plus que les poires bio qui viennent d’Argentine ou les champignons de Paris bio qui ont traversé la Manche… Si, si, je me suis fait avoir, il y a quelques jours !
    C’est sûr que si la France faisait des efforts pour développer l’agriculture bio locale, on n’en serait pas là…

  7. avatar

    Vous mangez déjà des produits bios ? Alors dites-le sur Koom !
    Ainsi, découvrez tous ceux engagés sur l’action « Manger au moins 1 produit bio par semaine ».
    Vous n’êtes pas seuls à agir… et votre action a un impact.
    Alors rejoignez la dynamique et découvrez vos autres supers pouvoirs !

    http://www.koom.org/web/action-detail-manger-produits-bio_17

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