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FICHE ECOFRUGALE- DECO ET MEUBLES RECUP

Cliquez ici pour télécharger la fiche écofrugale déco et meubles récup'

Les Français se passionnent pour la récup’. Les blogs se sont multipliés ces derniers temps. Les anglosaxons appellent cela “l’upcycling”, littéralement “recycler par le haut”. Faire mieux et plus beau avec moins, c’est possible! Début 2012, le documentaire La France de la récup’ évoquait ce phénomène en brossant le portait de Barbara, 38 ans, responsable publicité dans la distribution. À Tourcoing, une fois par mois les habitants sont autorisés à mettre leurs encombrants sur le trottoir. C’est le jour que choisit Barbara pour partir à la chasse aux bonnes affaires.

Outre le moyen de faire des économies, la récup’ est aussi pour elle une manière de protester contre la société du tout jetable en luttant contre le gaspillage. Elle rénove et restaure les objets et meubles anciens qu’elle récupère. Elle relooke et remet au goût du jour aussi des objets plus récents ou les détourne de leurs anciens usages pour en faire de nouvelles créations : commodes, placards, boites à clef, guéridons et autre abat-jours. Depuis, elle a fait de sa passion une petite activité commerciale. Elle vend aujourd’hui ses créations car elle manque de place pour tout stocker chez-elle… Bien sûr la récupération ne date pas d’aujourd’hui, mais plusieurs facteurs ont contribué à lui redonner du lustre, à tel point que même les professionnels s’y mettent en adoptant l’éco-design. Ils privilégient la récupération, ou le “réemploi” comme ils disent.

La crise a accéléré l’engouement pour la récup’

Le pouvoir d’achat est devenu l’un des soucis majeurs des Français. Les dépenses fixes – ou dépenses précontraintes – ont augmenté dans le budget des ménages. Il s’agit de toutes les dépenses incompressibles qui tombent en début de mois : remboursement d’emprunt, factures d’eau et d’électricité, assurances, redevances… Une fois les versements réalisés, il ne reste pas forcément beaucoup sur le compte, les flâneries dans les magasins de meubles ou de déco sont remises à plus tard.

La crise écologique est aussi ancrée dans les esprits. De plus en plus de citoyens veulent stopper la spirale sans fin de l’hyperconsommation, en faisant notamment barrage aux produits importés d’Asie, destructeurs d’emplois. Ces produits ont souvent un impact écologique élevé (transport, composants bon marché mais polluants).

L’offre des grandes enseignes à bas prix est impersonnelle. Il n’est pas rare de voir des foyers à l’intérieur identique.

Et si la récup’ permettait de combattre aussi une autre crise, celle de l’uniformisation culturelle ? Fabriquer ses propres meubles et sa propre déco, c’est aussi se démarquer et exprimer ses talents créatifs ! De nombreuses émissions de téléréalité/coaching se font l’écho de ce phénomène qui rejoint celui du fait-maison. Elles mettent en scène des Français qui choisissent de faire eux-mêmes plutôt que d’acheter tout fait (la cuisine, la déco, la mode..). C’est aussi l’occasion de rencontrer des personnes et de partager avec eux cette nouvelle qualité de vie. Pour se lancer, il y a quatre conditions à réunir : avoir de la matière première, des outils, de la matière grise et de l’huile de coude !

Le gisement de matières premières est illimité !

Bien souvent, vous n’aurez même pas à sortir de chez vous pour trouver vos matériaux de base. Vous les avez sous la main, ce sont vos déchets : tissus, plastiques, boîtes en acier, bouteilles en verre ou en plastique, carton (voir zoom). Voilà autant de matières gratuites, faciles d’accès et gratuites. Vous pouvez en utiliser de toutes sortes : des veilles chambres à air, pour faire des élastiques, des bâches pour les transformer en musettes, des veilles caisses de vin pour faire des rangements… autant de matériaux qui viendront agrémenter vos créations.

Vous trouverez les matières premières qui vous manquent en sillonnant les rues de votre commune. Il est facile de dénicher des plaques d’aggloméré, des palettes mais aussi des matières nobles comme des vieilles planches en chêne. Dans les bennes à gravats installées près des chantiers, vous trouverez aussi des déchets industriels comme des bobines de câbles en bois (tourets), des tubes d’aciers, des palettes. Montées sur roulettes, elles peuvent faire une très belle table basse. Demandez aussi aux personnes de votre entourage qui ne bricolent pas de garder leurs vieux objets ou faites des échanges avec d’autres bricoleurs. Renseignez-vous auprès de vos commerçants de quartier. Demandez-leur les cintres qu’ils jettent, les paniers en osier, les caisses de vin, les cartons. Les supermarchés offrent aussi de bons gisements pour la récup’. Si la réalisation d’une déco ou la création de meubles vous semblent compliquées, vous pouvez vous contenter de récupérer voire de réhabiliter meubles et objets. Avec un bon ponçage, un vernis et une peinture naturelle (cf. fiche écofrugale à venir – Peinture et vernis naturels), il est facile de donner une nouvelle vie à vos meubles anciens.

Les meubles et objets déco à rénover se trouvent dans la rue, mais aussi gratuitement sur internet. Des sites de don en lignes vous mettent en contact avec le donateur le plus proche (cf. fiche écofrugale à venir – Donner/ Recevoir). Le pionnier dans ce domaine est l’anglo-saxon Freecycle. Ce site crée aux États-Unis en 2003 totalise 7 millions de membres dans 95 pays. En France, il compte 44 000 membres. Autre possibilité, le troc. Et pourquoi ne pas acheter sur les sites de vente d’occasion en ligne (cf. fiche écofrugale Acheter d’occasion), vous y trouverez ce qu’il vous manque (des roulettes, une poignée, un miroir…). Enfin n’oubliez pas non plus les lieux d’approvisionnement habituels que sont les vides-greniers, les marchés aux puces, les dépôt-ventes, les salles de vente aux enchères et les associations caritatives comme Emmaüs.

LE SAVIEZ-VOUS ? Un nouveau réseau social Le site Pinterest connaît actuellement un véritable engouement. Ce réseau social compte déjà plus de 10 millions de membres qui y ont crée leur tableau d’affichage virtuel. Ils y déposent les photos et vidéos de ce qu’ils aiment (recettes de cuisine, idées de déco, vêtements…). Le site avec son énorme mosaïque de photos est devenu du coup une mine d’or pour les créatifs voulant se faire connaitre ou ayant besoin d’idées. Les amateurs de récup’ y partagent souvent leurs créations1. Alors, allez faire un tour dans cette gigantesque boîte à idée tout en images !

 Les outils

Vous n’avez pas besoin de beaucoup de matériel pour commencer. Avec un simple tournevis, un marteau et une scie à métaux, on créé des étagères à partir de caisses de vin en les vissant les unes aux autres. On les décore ensuite avec du papier de soie posé avec de la colle à la farine. En plus d’être quasiment gratuites, vos étagères seront modulables : il suffit d’enlever ou d’ajouter deux vis pour supprimer une caisse ou en ajouter une (astuce de Clémentine la Mandarine). Le savoir faire, les techniques pour créer, rénover et restaurer sont donc parfois relativement simples comme le ponçage. Mais vous aurez quand même parfois besoin d’outils plus élaborés : ponceuse, disqueuse, scie électrique. Vous n’êtes pas obligé d’acheter ces outils. Avez-vous demandé à votre voisin ? Il est rare qu’une personne rechigne à prêter ses outils de bricolage. (cf. Voisinage solidaire). Sinon, autre alternative, louer votre matériel. À Paris, il existe désormais des bricothèques, où pour une somme modeste vous trouvez tout le matériel nécessaire. C’est du bricolage participatif car on peut y glaner des conseils, partager des bons tuyaux, et échanger des objets (cf. fiche écofrugale à venir – Louer). Si la récup’ devient un vrai passe-temps, vous serez tenté d’avoir votre propre matériel, pensez alors à l’occasion, l’offre sur le net est très étendue.

La matière grise : le savoir-faire

Vous disposez à présent du matériel et de la matière première, mais il vous manque encore la technique. Les sites internet regorgent de témoignages, d’idées de création ainsi que de méthodes et secrets de fabrication. Vous y trouverez des tutoriels, des livrets de formation, des patrons pour se former. Parfois sous la forme de témoignages vidéo. Vous trouvez que tout cela, malgré tout, n’est pas assez concret, qu’il n’est pas évident d’apprendre le crochet ou le tressage, sur un écran ou dans un livre ? Il vous faut pratiquer ? Pourquoi ne pas vous offrir un stage ou une formation ? Vous développerez ainsi vos talents manuels, ferez travailler votre imagination et rencontrerez de personnes qui vous ressemblent ! De plus en plus d’espaces/ ateliers de formation voient le jour. Ils sont bien utiles quand on habite en ville car on n’a pas forcément la place de bricoler chez soi. Ces lieux offrent aussi des ressources documentaires et vous permettent éventuellement de mettre en vente vos créations. Exemple à Paris avec l’établisienne où huit formateurs vous apprennent à travailler le bois, le carton, le rotin, le verre, le tissu.

L’échange et le partage de savoir

Vous ne disposez pas des connaissances ni du savoir-faire pour fabriquer des objets et meubles en carton mais vous savez tresser ? Pourquoi ne pas échanger votre savoir ? Les systèmes d’échange locaux (SEL) sont en plein boom. Leur slogan résume à merveille leur mission solidaire “pour changer échangeons”. La création d’un étalon d’échange, le temps, est simple et pratique. Selon Patrick Viveret, un des penseurs du système, “Dès lors que des personnes souhaitent produire ou échanger au-delà d’un rapport bilatéral, la création d’un étalon d’échange s’avère beaucoup plus pratique que le troc (…). Ce sont paradoxalement les membres des SEL qui réinventent l’usage originel et positif de la monnaie comme moyen de faciliter les échanges entre humains”.

Les SEL créent ainsi de véritables monnaies alternatives et complémentaires sous la forme de chèques temps. Il existe plus de 450 points d’échange en France. Il y en a forcément un près de chez vous. Voilà une bonne manière de s’affranchir de l’argent, de socialiser, de trouver les compétences qui vous manquent et de donner en retour. À Chambéry, en Savoie, sur le même principe, s’est ouvert une Accorderie. Ce lieu est importé du Canada. C’est un endroit pour échanger et coopérer. Une heure donnée égale une heure reçue. Les membres, les “accordeurs” disposent d’un chéquier temps à la banque de temps. Il n’y a plus qu’à sortir son chéquier et trouver quelqu’un qui vous apprendra à rénover et à décorer ! Les grandes enseignes comme BHV et Bricorama proposent elles aussi des cours de bricolage parfois gratuits.

Trouver et avoir des idées

Vous commencez à vous lasser de vos meubles et vous aimez la déco ? Qu’à cela ne tienne ! Parfois c’est relativement simple de ne pas renouveler prématurément ses meubles. Décorez et repeignez-les à l’aide de pochoirs, vous leur donnerez une seconde vie et un peu plus de fun. Rendez-vous dans les lieux de vente et d’expositions d’upcycling créatif. Les artistes sont dorénavant très fervents de récup’. Une plateforme de récup’ a même été créée spécialement pour eux2. Inspirez vous des artistes et tentez de les imiter. Et si vous ne vous en sentez pas capable, vous pouvez toujours acheter leurs réalisations. Des associations comme Tricycle dans le Périgord, organisent des festivals de la récup (Bourdeilles). Leur but est de sensibiliser à l’environnement en montrant qu’on peut revendre, transformer ou relooker, meubles et objets. Le réseau des Ressourceries fait de même avec 88 boutiques partout en France. Recyclère  fait travailler des ateliers de fabrication dont un centre d’aide par le travail (CAT), qui offre des emplois à des personnes handicapés. Les matériaux de récupération sont ensuite transformés. Recyclère remet ainsi dans le circuit de consommation des objets et matériaux qui étaient destinés autrement à la décharge. Vous pouvez acheter leurs créations dans leur boutique parisienne. De nombreuses autres entreprises issues de l’économie sociale et solidaire se sont lancées sur ce créneau porteur. Si vous visitez ces endroits, vous repartirez convaincu(e) que la seule limite à la récup’, c’est votre imaginaire. De plus en plus de communautés en ligne voient le jour. Le site anglo-saxon www.recyclart. org, et son application iRecyclart proposent de nombreuses idées qui vous aideront à trouver l’inspiration.

Acheter ou revendre

De plus en plus de recycleurs créent leur blog pour mettre en avant leurs travaux et vendre leurs créations. Certains ne s’arrêtent pas aux meubles et étendent leur passion à de nombreux autres objets du quotidien comme les bijoux et les accessoires. Vous accèderez à des produits personnalisés que vous ne trouverez nulle part ailleurs dans le secteur du commerce du traditionnel. Ainsi Clémentine la Mandarine, – comme Barbara à Tourcoing – met en vente ses trouvailles créatives sur son site.

Vous connaissez Amazon, leboncoin, Price Minister… de nombreuses autres plateformes de vente dédiées aux recycleurs créatifs ont aussi vu le jour dernièrement. A little market se définit comme “la place de marché du fait-main et de l’artisanat” et met en vente des créations dont certaines sont faites à partir de récup’.

Se mettre à la récup’ n’a jamais été aussi facile ! Et pourquoi même ne feriez-vous pas comme Clémentine et Barbara qui ont fait aussi de leur passion une petite activité commerciale qui leur offre un complément de revenus et même un travail à plein temps ?

 

Décryptage: le recyclage des meubles

Une filière de recyclage s’est mise en place pour les déchets d’ameublement. Les sommiers, literie, meubles de cuisines représentent 33 kg par an et par habitant. Éco-mobilier a pour objectif de recycler 45 % des déchets d’ameublement domestique d’ici 2015. Plus de 24 grandes enseignes font partie de ce nouvel éco-organisme pour le mobilier domestique. Cette filière a été mise en place pour faire face à la nouvelle réglementation qui oblige, tous les fabricants, importateurs et vendeurs à reprendre les meubles en fin de vie.

Témoignage Clémentine, 28 ans, entrepreneuse et créatrice du site www.clementinelamandarine.com, Grenoble.

“La récup’ est devenue pour moi un mode de vie. Jeter le minimum, seulement quand c’est absolument nécessaire. Je récupère et transforme au maximum, souvent sans même en avoir conscience. Un besoin, une envie. La première question que je me pose est “comment puis-je le fabriquer avec ce que j’ai” ? On me dit souvent que j’ai beaucoup d’idées, d’imagination. Certes, il en faut un peu au départ, mais il faut surtout avoir envie de faire les choses autrement. Et puis progressivement, en s’y mettant, on repense l’usage de nombreux objets en imaginant toutes les utilisations que l’on peut en faire. Ce sont des caisses de vin, des boites de couches ? Mais non, ce sont des étagères ! C’est un sac plastique ? Mais non, c’est une doublure de bavoir. Des graines de potirons ? Une paire de boucles d’oreilles ! Un godet plastique à lentille ? Une palette de peinture, etc. Plus on récupère, plus on imagine de nouvelles vies aux objets. Pour les créations de ma boutique, je n’utilise que de la récup’. Et pourtant, mes produits sont très variés : des enveloppes aux sacs à main en passant par les bijoux et la déco.”

 Étude de cas

En coupant les pieds d’une ancienne table de cuisine récupérée, en la ponçant et en la peignant, vous aurez une table basse pour presque rien : économie 100 €. En décapant une ancienne armoire métallique industrielle, en la décorant avec des jolis motifs peints au pochoir et en y rajoutant une ancienne barre à rideau, vous vous ferez une nouvelle penderie pour presque rien : économie 200 €. En récupérant des vieux parpaings et quelques planches que vous aurez repeintes, vous vous ferez une étagère à livre dans votre salon : économie 150 €. Bref, 2 ou 3 meubles récupérés ou rénovés dans l’année et vous aurez vite fait plus de 450 € d’économies !

Pour aller plus loin:

À lire : Ma récup’ déco : 100 idées pour détourner, transformer, recycler meubles et objets, collectif, Tana Éditions.

Créations au naturel, idées récup & éco-design, de Nathalie Boisseau aux Éditions Alternatives. Ce livre vous montre comment travailler le bois, le carton, le fil de fer pour en faire des bougeoirs, des vide-poches, des porte-manteaux, des étagères.

Créer son mobilier en carton, d’Eric Guiomar aux Éditions Eyrolles. Vous y trouverez de nombreuses idées de décoration et d’ameublement écologique au quotidien.

100 % Déco-Palettes : Faites vos meubles, de Aurèlie Drouet aux Éditons Chêne. Vous découvrirez 20 créations chics et originales à faire soi-même.

À cliquer :

Ca-cartonne.fr Une association spécialisée dans les éco-créations en carton, y compris les cercueils.

Atelierchezsoi.fr Des tutoriels pour apprendre à faire des meubles et objets décoratifs en carton.

Espritcabane.com et Espritrecup.fr De nombreuses idées de création et astuces de déco

Ateliercamino.com Cette association fait la promotion du design issu de recyclage et de matériaux.Vous verrez sur leur site que l’esthétique et la récup’ font bon ménage.

3 commentaires

  1. avatar

    Merci pour ces bons conseils économiques mais aussi écologiques!

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